coquelicots

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jeudi 22 janvier 2015

mes vrais noms

 Appelle moi par mes vrais noms
un poème de Thich Nhat Hanh


Appelle-moi par mes vrais noms
Ne dis pas que je partirai demain
Car je nais aujourd’hui encore.
Regarde profondément : je nais à chaque seconde.
Je suis un bourgeon sur une branche au printemps.
Je suis un petit oiseau aux ailes encore fragiles
Qui apprend à chanter dans son nouveau nid.
Je suis une chenille au cœur d’une fleur.
Je suis un joyau caché dans la roche.

Je ne cesse de naître, pour rire et pour pleurer,
Pour craindre et espérer.
Le rythme de mon cœur, c’est la naissance
Et la mort de tous les êtres en vie.
Je suis l’éphémère se métamorphosant à la surface de la rivière
Et je suis l’oiseau qui, quand le printemps arrive,
Naît juste à temps pour manger l’éphémère.
Je suis la grenouille qui nage heureuse dans l’étang clair
Et je suis l’orvet qui, approchant en silence, se nourrit de la grenouille.

Je suis l’enfant d’Ouganda, je n’ai que la peau et les os,
Mes jambes aussi minces qu’un bambou fragile
Et je suis le marchand d’armes qui vend des armes mortelles en Ouganda.

Je suis la jeune fille de 12 ans, réfugiée sur un esquif
Qui se jette dans l’océan après avoir été violée par un pirate
Et je suis le pirate, mon cœur encore aveugle, incapable de voir et d’aimer.
Je suis un membre du Politburo, avec tant de pouvoir entre les mains
Et je suis l’homme qui doit payer sa « dette de sang » à mon peuple, agonisant lentement dans un camp de travail.

Ma joie est comme le printemps, si chaude qu’elle fait fleurir les fleurs sur tous les chemins de la vie.
Ma souffrance est comme une rivière de larmes, si pleine qu’elle remplit les quatre océans.
S’il vous plaît, appelez-moi par mes vrais noms
Que j’entende ensemble mes cris et mes rires,
Que je voie ma joie mais aussi mes peines.
S’il vous plaît, appelez-moi par mes vrais noms
Pour que je puisse me réveiller
Et pour que reste ouverte la porte de mon cœur,
La porte de la compassion ...


 
Merci Michael Abitbol

mardi 22 juillet 2014

haïku d'anniversaire


Anniversaire

Pas d'évènement rare
Rien à raconter !
Epuisement des histoires
C'est le cadeau !



rien de rare



Rien je ne jette
Pang Yun

Jour après jour je ne fais rien de rare
Mais je m’y tiens tout naturellement.
Rien je ne jette et de rien ne m’empare
Je ne suis pas plus absent que présent.


Du violet ou du rouge qui prime ?
Nulle poussière au flanc du vert coteau.
Les surpouvoirs, l’activité sublime ?
Chercher du bois et transporter de l’eau !


Poètes bouddhistes des Tang
Gallimard "Connaissance de l'orient" 1987
Trad. P. Jacob




merci Serge
 

samedi 8 février 2014

l'océan de leur coeur


Caroline m'a envoyé un poème que sa tante bien aimée a écrit un peu avant de quitter cette terre
La danse des coeurs, Solange de Ternay

 
La danse des cœurs


C’est la danse des cœurs qui vont par les chemins,
Remplis d’espoirs secrets, affronter leur destin.
Les uns, insouciants, poursuivent des chimères,
D’autres seront la proie de leurs jeux éphémères.

C’est la marche des cœurs qui longent les ruisseaux,
et se contentent alors du clapotis de l’eau.
Comme des papillons ils butinent en route
Leur voyage s’arrête, entravé par le doute.

C’est la ronde des cœurs pris dans la ritournelle,
Illusions et mirages, tout à coup ils chancellent.
Remous et tourbillons briseront leur envol ;
Avant de commencer, fin de la farandole.

C’est la rage des cœurs qui, gonflés d’amertume
Et rongés par l’envie, contiennent leur écume.
Les vents les conduiront par des voies détournées
Sur des chemins que nul ne peut appréhender.

C’est le ronron des cœurs au bord de la rivière.
Timides voyageurs n’osant se mettre à nu,
Leurs regards n’ont pas su se détacher d’hier,
Ils feront quelques pas sans achever leur mue.        
                                            
C’est la valse des cœurs nageant dans le grand fleuve,
Bousculés par la vie, harassés, rabotés,
Qui, dépassant leurs peurs, se laissent emporter
Dans les bras du courant où ils feront peau neuve.

C’est l’aubaine des cœurs, bravant tous les périls,
Leur soif les a mené au-delà de l’exil,
Qui, arrivant enfin portés par leur ardeur,
Découvrent avec stupeur l’océan de leur coeur




mardi 31 décembre 2013

haiku en forme de chat


chat
boule de douceur
contre ma tête
c'est mon coeur
qui ronronne ici
dans ce murmure sonore
irrégulièrement régulier

et puis souplement
la boule se déroule
se déploie
et file entre mes doigts
pschitt !



vendredi 6 décembre 2013

bloody but unbowed


sur son blog, space cite ce poème de William Henley dans son article sur Nelson Mandela
ce poème est intitulé Invictus ( c'est à dire invaincu )
je suppose que Nelson Mandela devait connaître ( et apprécier ) ce poème
typiquement 8 dans l'énnéagramme

je vous ai mis le texte en anglais ( qu'il faut lire à haute voix ! ) puis la traduction française


Invictus

Out of the night that covers me,
Black as the Pit from pole to pole,
I thank whatever gods may be
For my unconquerable soul.


In the fell clutch of circumstance
I have not winced nor cried aloud.
Under the bludgeonings of chance
My head is bloody, but unbowed.

Beyond this place of wrath and tears
Looms but the Horror of the shade,
And yet the menace of the years
Finds, and shall find, me unafraid.

It matters not how strait the gate,
How charged with punishments the scroll.
I am the master of my fate :
I am the captain of my soul. 



Voici la traduction française :  
( William Henley est un poète anglais de la fin du XIX° siècle )

Invictus

Dans les ténèbres qui m'enserrent
Noires comme un puits où l'on se noie
Je rends grâce aux dieux, quels qu'ils soient
Pour mon âme invincible et fière.

Dans ces cruelles circonstances
Je n'ai pas gémi ni pleuré
Meurtri par cette existence
Je n'ai pas plié, bien qu'étant blessé.

En ce lieu de colère et de pleurs
Se profile l'ombre de la Mort
Je ne sais ce que me réserve le sort
Mais je suis, et je resterai sans peur.

Aussi étroit soit le chemin
Nombreux, les châtiments infâmes
Je suis le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme.



 

mercredi 28 novembre 2012

la maison d'hôte


Un poème de Rumi, le grand poète soufi du XIIIème siècle et créateur des derviches tourneurs


La maison d'hôte

L’être humain est comme une auberge
Chaque matin, un nouvel arrivant.
Une joie, un découragement, une méchanceté,
Parfois un moment de conscience apparait
Comme un hôte qu’on n’attendait pas.

Accueille-les tous de bon cœur !
Même si c’est une foule en souffrance
Qui saccage ta maison
Et la vide de ses meubles…
Traite chaque invité en lui faisant honneur.
Il fait peut-être de la place en toi
Pour de nouvelles joies !

Les sombres pensées, la honte, la malveillance
Sur le pas de ta porte, accueille-les avec le sourire…
Et invite les à entrer.

Sois reconnaissant à tous ceux qui viennent
Car chacun est un guide
Qui t’est envoyé.

merci Serge



mardi 18 septembre 2012

attente



Via M., Rome, 1987
photo © Amina Danton


Attente

Tu peux m'attendre mais n'attends rien...

N'attends rien de moi, tu me recevras de surcroit
Moins tu attendras, plus tu me recevras
Mais parfois, tu ne peux pas le savoir

Qui dit çà ?
et moi,
et l'autre,
et l'autre en moi,
le petit moi
et le grand moi

Tu peux m'attendre mais n'attends rien...







dimanche 2 septembre 2012

j'inspire et je me vois espace


 Un poème en marche de Thich Nhat Hanh



J’inspire, et je sais que j’inspire.
J’expire, et je sais que j’expire.
Dedans/Dehors.

J’inspire, et je suis la fleur.
J’expire, j’en ai la fraîcheur.
Fleur/Fraîcheur.

J’inspire, et je me vois montagne.
J’expire, et je me sens solide.
Montagne/Solide

J’inspire, et je me vois eau calme.
J’expire, en moi les choses se reflètent telles qu’elles sont.
Eau/Refléter.

J’inspire, et je me vois espace.
J’expire, et je me sens libre.
Espace/Libre.


Extrait du chapitre 2 « Nous sommes tous des fleurs » dans « La plénitude de l’instant » de Thich Nhat Hanh (édition Les petits collectors marabout)

cité par un commentateur du blog de ipapy
merci ipapy

 

mardi 3 avril 2012

secret


encore Stephen Jourdain,
un texte de lui souvent cité
extrait de "l'irrévérence de l'éveil", éditions du Relié , 1992

Je suis le secret enfoui dans l'odeur de l'herbe fraîchement coupée,
dans le houououhh du vent s'engouffrant dans le conduit de cheminée,
dans les cent mille doigts de l'averse de neige,
dans la nacre d'un matin de printemps,
dans le message muet d'un alignement de marrons d'Inde,
dans la déclivité de la plage et la danse des poux de sable ;
je suis ce qui jadis vous rendit vivant,
je fus l'instigateur de tous vos émerveillements, de tous vos étonnements,
je suis l'unique raison pour laquelle quiconque, jamais, s'aima et aima,
je suis le secret qui irrigua chacun de vos secrets d'enfant,
je suis l'ange que tout enfant porte en filigrane et que vous avez tué.
Je suis vous.

lundi 1 août 2011

paradoxe vivant


un poème de Narahari,
pas un japonais non ! un indien du XVIIIème siècle
très original, et très métaphysique, ici très proche de la vision taoiste
cité par David Dubois dans son blog


Aveugle, il voit tout.
Cul-de-jatte, il voyage par-delà l’horizon.
Débile, il mène toutes les taches à leur terme.
Sans le moindre sens du goût, il savoure le nectar.


Sans jugement, il parvient à conclure.
Indifférent, il incline aux jouissances.
Libre de tout contact,
Il goûte l’étreinte de l’Immense


Le ventre vide, il dévore tout
En son ventre qui contient tout.
Stupide, il jouit d’érudition.
Silencieux, il proclame les philosophies.


Sans ennemis, il remporte la victoire.
Sans désirs, ses désirs sont comblés.
Eveillé, il veille en dormant.
Même mort, il goûte à l’immortalité.

merci David

l'article original du blog de David Dubois



lundi 18 juillet 2011

je suis le conducteur de solitude (2)


un deuxième poème d'Amina
toujours ces transports que nous avons en commun



Les trottoirs ont noué un pacte avec la tristesse
L’asphalte brille sous la pluie les pas sont glissants

Et les toits dessinent un désert sur le ciel
Qui remontent aux étoiles

Je suis le conducteur de solitude

Un rendez-vous n’aura pas lieu là-bas
Encore une fois et pour toujours

La foule est serrée
comme une vie repliée sur elle-même

Bientôt je vous prendrai par la main
La vie bat et circule dans mes veines

Nous sommes plusieurs ce matin
A avoir le même destin



je suis le conducteur de solitude


un poème d'Amina
autour de ces transports que nous avons en commun


Je suis un pont
Un rêveur

Un trait d’union entre vous
Dame fatigue et Dame solitude
Monsieur le temps qui passe à toute allure
Je vous salue
Je vais me coucher dans le bruit que vous faites
Et fermer les yeux

Je suis le conducteur
De solitude

Et je vois défiler toutes ces lumières sur les côtés
Comme des arbres phosphorescents


vendredi 15 juillet 2011

straight to the heart


je suis un caillou sous la pluie
dans sa nudité rien à protéger

extrait du cd Sacred Buddha du musicien iranien Sina Vodjani le premier titre du cd intitulé Straight to the heart ( droit au coeur ) :




cette voix cassée d'enfant nous emmène loin
( c'est la voix du 17° Karmapa que Sina Vodjani est allé enregistrer au Tibet )

le site de Sina Vodjani :

portrait de Sina Vodjani ( en anglais )

mardi 21 juin 2011

we are grasped by what we cannot grasped

My eyes already touch the sunny hill,
going far ahead of the road I have begun.
So we are grasped by what we cannot grasp;
it has its inner light, even from a distance

and changes us, even if we do not reach it,
into something else, which, hardly sensing it, we already are

a gesture waves us on, answering our own wave . . .
but what we feel is the wind in our faces

Rainer Maria Rilke
Muzot, March 1924
traduit en anglais by Robert Bly

samedi 4 juin 2011

poésie

poésie :

ce que je ne peux dire autrement
ce que je ne peux te dire autrement

samedi 21 mai 2011

le petit autre

laisser le grand Autre
derrière,
pour approcher le petit autre,
l'atteindre ?

passion

passion :

ce pour quoi on n'est jamais prêt
ce à quoi on ne peut jamais se préparer
ce qui nous dépasse toujours


mardi 22 mars 2011

eric singing without eric

eric singing without eric
as usual !

with eric for the first time
each time the first time !


signé eric
... without eric ... with eric

sans voix

j'aime cette fragilité qui me laisse sans voix
qui nous laisse sans voix

c'est une utopie
comment ne nous y arrêterions-nous pas ?

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