coquelicots

coquelicots
Affichage des articles dont le libellé est David Dubois. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est David Dubois. Afficher tous les articles

dimanche 10 mai 2015

retourné comme un gant


Evocation du yoga de Shiva tel que le présente David Dubois. Magnifique méditation publiée sur son blog


Les yeux grands ouverts
Comme une maison portes et fenêtres grandes ouvertes
S'ouvrir jusqu'à ce que l'intérieur se retourne
Comme un gant
Le mental - ce voleur -
N'a plus rien à dérober !
Vide au dedans
Vide au dehors
Comme une bulle dans l'espace
Bouche bée
Cellules écloses
Une par une
Le corps comme une fleur épanouie
La poitrine fraîche
Comme une pastille de menthe
Sans visage
Bouche ouverte
Mâchoire flottante
Une seule sensation de bâillement
Le regard s'ouvre à 360°
Comme retirer sa capuche
Comme une brume se dissipe
Les mains en dilatation 
Les bras gonflent doucement
Chaque fibre s'écarte des autres
L'espace s'insinue
Jusque dans les épaules
Les omoplates comme des ailes
Le corps entier comme un lotus qui s'ouvre
Il n'y a plus que vision
Un seul œil
Saisi par la Présence tout se lâche
Instant après instant
Un silence intense
Absolue immobilité
Nonchalance pleine d'ardeur
La tête légèrement aspirée vers le haut
Le bas du corps coule dans le sol
Les mains déposées comme des nuées sur la montagne
La bouche happe l'espace
Espace qui descend jusque dans les tripes
Transparence
Immensité



Je suis une fenêtre sans cadre
L'extérieur coule à l'intérieur
L'intérieur se déverse à l'extérieur
Comme l'espace versé dans l'espace
Nulle séparation
Aucune confusion
Intérieur extérieur plus uns que le ciel
De l'eau versée dans de l'eau
Sans effort
La méditation comme un fleuve
Le corps comme une coupe de champagne
Les bulles éveillent l'espace
Comme des cailloux sur une eau calme
Chaque mouvement d'énergie
Comme un choc de conscience
Stupéfaction
A l'infini
A l'infini
A l'infini

Telle est la méditation de Shiva
Le yoga qui fait fondre le mental
"Si vous appliquez ces points en vain,
Alors moi, Shiva, j'ai menti"
Telle est la promesse de la Source

Quand
En plus

Le soleil radieux du Cœur
Brille au centre
Tel une braise à la suave brûlure
Alors c'est l'union royale
du Dieu et de la Déesse

Iti

Deux précisions : 
- j'ai fait de menues modifications du texte original, j'espère qu'Iti, l'auteur ne m'en tiendra pas rigueur.. 
- Iti est un terme sanskrit que David Dubois décrit ainsi : sorte de guillemets en sanskrit, Iti rien, Iti personne, pas de masque

lundi 10 mars 2014

à quoi bon méditer ..

Je reproduis ci-dessous ce texte où David Dubois cite un passage de la doctrine secrète de la déesse Tripura, ce texte très profond composé en sanskrit entre le X° et le XIV° siècle. Où apparait cette idée nouvelle et lumineuse que méditer ne sert à rien...

l'article original de David Dubois : ICI
Un prince, éveillé par sa sage épouse, réalise que le bonheur ne se trouve pas dans les choses extérieures. Il a compris que le Soi, sa vraie nature et celle de toutes choses, est le bonheur et la somme de tout ce qui est désirable.

Ayant perdu le goût des plaisirs du monde, il s'apprête donc à replonger dans l'intériorité grâce à la méditation, quand lui vient cette idée "nouvelle et lumineuse" :

"Qu'est-ce que cette confusion qui s'empare encore de mon esprit ?
Je ne fais qu'un avec la félicité absolue du Soi.
Qu'ai-je donc à entreprendre ?
Qu'y a-t-il, pour moi, à atteindre ?
Où et quand pourrais-je obtenir quelque chose que je n'ai pas déjà obtenu ?
A supposer que cela ait lieu, comment ce gain serait-il réel ?
Et quel plaisir pourrai-je y prendre,
moi qui m'identifie à la félicité infinie de la conscience ?
Quant au corps, aux sens, à l'organe interne, 
ils sont semblables aux choses perçues en rêve.
Tout cela n'existe que par moi
qui coïncide avec la conscience indivise.
A quoi bon discipliner l'un de ces organes internes (le mien) ?
Les autres sont tout aussi bien en mon pouvoir.
Il importe peu que "mon" esprit
soit réfréné car tous les esprits, réfrénés ou non,
ne se manifestent qu'en moi.
Quand bien même ils seraient tous réfrénés,
moi-même je ne le serais pas.
Comment pourrai-je l'être,
alors que je suis sans limites, comme l'espace ?
Et que peut bien signifier "concentration" (samâdhi) pour moi qui suis la plénitude
même de la félicité de la conscience ?
Quelle action pourrai-je bien entreprendre ,
moi qui suis plus omniprésent encore que l'espace ?
En quoi suis-je concerné par le bien et le mal ?
Que m'importe les apparences d'activités
qui se produisent ou ne se produisent pas
dans la multitude infinie des apparences que sont les corps ?
De par ma souveraineté,
plus rien n'est à accomplir ou à éviter pour moi en ce monde.
Qu'ai-je donc à faire d'un réfrènement de l'esprit ?
Plongé ou non dans le samâdhi, j'incarne la plénitude et la surabondance de la joie.
Sans chercher à détourner mon corps 
de ce qui se trouve être son activité du moment,
je demeure en tout temps le réceptacle de la Grande Félicité.
Je suis la plénitude sans défauts,
la lumière qui ne vacille pas."

La Doctrine secrète de la déesse Tripurâ, traduction de Michel Hulin

lundi 10 septembre 2012

célébration exploration


Célébration-Exploration, c'est la démarche proposée par Jean Klein pour la pratique du yoga ( ou toute pratique d'ailleurs ) comme le rappelle David Dubois.

Nous célébrons la vie, la profusion de la forme et des formes, la splendeur du moment présent
et nous explorons aussi cette profusion, cette splendeur avec curiosité, humour et étonnement.

Du moins, nous essayons...
... mais nous n'avons pas le choix !!



et aussi :  

c'est la compréhension qui conduit à la pratique, non la pratique qui conduit à la compréhension


Jean Klein




samedi 7 juillet 2012

la conscience est parole


extrait d'un article du blog de David Dubois,
les mots entre parenthèses sont les mots correspondant en sanskrit donnés par David Dubois.

il y décrit les différents niveaux de la parole selon la philosophie du sivaisme du Cachemire à travers son plus éminent représentant Abhinavagupta, philosophe du 10° siècle injustement méconnu par l'occident.

NB : j'ai légèrement changé la mise en page et mis en gras certaines parties du texte

"Selon Abhinavagupta, la conscience est Parole (vâk).
 
Parole ultime, transcendante (parâ), elle est simple conscience, sans aucune articulation distincte - mais grosse de toutes les paroles articulables.

Parole visionnaire (pashyantî), elle esquisse le sens des mots en une intuition globale, "comme une cité contemplée depuis le sommet d'une colline".

Puis, parole intermédiaire (madhyamâ), elle est pensée articulée en soi-même, mais pas encore entièrement tributaire du souffle grossier et des points d'articulation corporels.

Enfin, elle s'étale dans l'espace, rebondit et s'articule (vaikharî) dans différents points d'inflexion, depuis l'arrière de la gorge ("hhh...") jusqu'au nez ("hi hââân !"), puis elle se perd au sommet de la tête et dans l'espace.

Abhinavagupta donne de nombreux exemples et analogues, notamment dans la Lumière des tantras.

L'idée de ce schéma n'est pas de présenter un schéma abstrait ou ésotérique, mais de permettre à tout un chacun de reconnaître par lui-même l'identité de la pure conscience, de la parole, de la pensée, du désir, de l'émotion et du souffle.

Dans les pièces de dhrupad ci-dessous ( le chant dhrupad est une forme musicale classique originaire du Nord de l'Inde ), l'intention de chanter est la Parole suprême.
La tampourâ - le bourdon continu en arrière-plan - est la Parole "voyante" ou "visionnaire", la conscience intuitive.
Le chant est la Parole intermédiaire.
Le tambour pakhâvaj est Parole articulée.

Notons que la Parole comme intuition correspond au premier instant du désir.
C'est l'instant décisif du point de vue spirituel. "

Ici les frères Gundecha :
 







pour Stéphanie..

lundi 1 août 2011

paradoxe vivant


un poème de Narahari,
pas un japonais non ! un indien du XVIIIème siècle
très original, et très métaphysique, ici très proche de la vision taoiste
cité par David Dubois dans son blog


Aveugle, il voit tout.
Cul-de-jatte, il voyage par-delà l’horizon.
Débile, il mène toutes les taches à leur terme.
Sans le moindre sens du goût, il savoure le nectar.


Sans jugement, il parvient à conclure.
Indifférent, il incline aux jouissances.
Libre de tout contact,
Il goûte l’étreinte de l’Immense


Le ventre vide, il dévore tout
En son ventre qui contient tout.
Stupide, il jouit d’érudition.
Silencieux, il proclame les philosophies.


Sans ennemis, il remporte la victoire.
Sans désirs, ses désirs sont comblés.
Eveillé, il veille en dormant.
Même mort, il goûte à l’immortalité.

merci David

l'article original du blog de David Dubois



samedi 4 juin 2011

profusion de la forme

une remarque très étonnante de David Dubois dans un article de son blog sur le maître tibétain du XIV° siècle Longchenpa :

Plus la compréhension de la vacuité de la forme est profonde, plus la forme s'épanche à profusion

Plus notre pratique est simple, plus elle est épurée, plus notre intention est réduite à l'essentiel, plus la vie autour de nous déploie sa profusion de formes

dans la pratique du chant, moins on cherchera d'effets ( effets de théâtre, vocalises virtuoses etc.. ) , plus on se concentrera sur l'essentiel, plus naturellement, l'expression se fera riche, pleine de nuances et d'émotion, faisant résonner chez l'auditeur toute une gamme de vibrations

l'article complet de David Dubois :

la lettre de l'esprit

vendredi 13 mai 2011

où que l'esprit aille..

cité par David Dubois dans son blog
dans l'article suivant : où que l'esprit aille

ma formulation préférée :

"Où que l'esprit aille,
On y contemplera l'absolu
"
( dans la Tejoubindu Upanisad ( vers 35 ) )

ou encore :

"Où que l'esprit aille,
C'est là qu'on doit méditer [Lakshmi]
(Même) agité, comment pourrait-il aller ( ailleurs ),
Puisque tout est cela ?
"
( dans le Lakshmi Tantra )

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...