coquelicots

coquelicots
Affichage des articles dont le libellé est sivaisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sivaisme. Afficher tous les articles

samedi 29 novembre 2014

energie


La notion d'énergie dans l'hindouisme et le christianisme
Conférence du 3 Octobre 2011 au forum 104 à Paris
avec Colette Poggi ( pour le versant hindouiste ) et Bertrand Vergely ( pour le versant chrétien )

Voici quelques notes que j'ai prises concernant l'intervention de Colette Poggi. Elle a fait tourner son exposé autour de quelques mots sanskrits significatifs lorsque l'on évoque l'énergie au sein du monde hindou

SHAKTI pouvoir, énergie divine, capacité de manifester et sous forme féminine d'exprimer un apparaître et non pas un objet ( ce qui est jeté devant )

AGNI ( lat. ignis ) boule de feu
l'ombre de sa lumière
apparaître, transparaître
ondoiement de la shakti

Shiva Nataraja, le seigneur de la danse
5 temps :
1. faire surgir
2. maintenir
3. dissoudre
4. voiler
5. dévoiler

A-KASHA , l'espace, l'éther composé de :
kash : lumière irradiante qui nous étonne, lumière vibrante
a : se diffuser

quand toi-même tu frémis, tu déploie le monde entier. "Tout fulgure en lui-même" ( Maître Eckhart )
une percée jusqu'au fond de l''abîme, "il me faut la saisir dans son jaillissement" (id. )

tout ceci de la vie divine est aussi valable pour la vie quotidienne : intuition, émerveillement, énergie très fine

SPANDA vibration, scintillement "l'eau bouge même quand elle ne bouge pas"

KSHETRA, terre, champ d'exploration, chantier explorant le souffle
capacité du souffle à nous amener là où il s'éteint et là où il se ranime

entendre le silence à l'intérieur du souffle, le souffle dans le souffle

PRATIBHA ce qui met en lumière, "l'éclair qui révèle ce qui est déjà là"
joie fugitive, qu'on perçoit à peine ou pas du tout, surabondance d'énergie qui ne peut que se transmettre

l'expérience esthétique, soeur jumelle de l'expérience spirituelle
BHAVANA, contemplation créative
notre vocation est de vivre dans cette pulsation

CHAMATKARA, l'émerveillement "l'oeil cligne et on fait ch !"

Abhinavagupta dans le tantraloka : "Dans les grandes réunions, le contentement apparaît" 
La conscience de chacun se reflète dans la conscience de l'autre, chaque conscience = lumière/miroir, la lumière y est démultipliée au travers des différents miroirs

DHY s’établir ( donne DHYANA la méditation )
SAMADHI s’établir dans le centre

Nous avons besoin des énergies de dissolution

Parole, les 4 étapes de la parole selon le shivaïsme du Cachemire :

1. l’écume de la parole (la parole articulée extérieure)
2. la parole intermédiaire (la parole articulée intérieure)
3. la parole qui voit, “çà discerne en nous”, espace de l’écoute, espace de l’entretien
4. la parole suprême, état de vie directement branché sur le divin

“de grandes pierres qui empêchent le torrent de passer en nous”

MANTRA  concentration du mental

YOGA, union, le lien, prière

Voir, c’est voir que l’on voit

je termine en évoquant le dernier livre de Colette Poggi, Le sanskrit, souffle et lumière, voyage au coeur de la langue sacrée de l'Inde aux éditions Almora

Ce livre propose un cheminement dans le monde du sanskrit, à la fois érudit et abordable, très bien illustré.



pour Serge



dimanche 9 septembre 2012

le vide : un "je ne sais pas" ?




Je vous mets dans cet article un extrait du livre de Jean Bouchart d'Orval,  Reflets de la splendeur, le shivaisme tantrique du Cachemire. Ce livre fait une présentation du sivaisme du Cachemire, un courant de la pensée indienne tout à fait remarquable, représenté entre autres par le grand penseur Abhinavagupta ( Xème siècle ). Cette métaphysique et cet art de vivre très riches ne sont pratiquement pas connus en Occident, ni d'ailleurs en Inde. 
Le livre est assez érudit mais néanmoins très abordable pour une personne intéressée par le sujet. Cet extrait que je vous cite traite du vide ( ou des vides ? ), je le trouve particulièrement éclairant et il permet aussi il me semble d'entrevoir la subtilité extraordinaire de cette pensée. 
Certains concepts sont donnés avec leur nom en sanskrit. La Splendeur désigne le divin ( ou la Conscience ). Le système Krama est un courant du sivaïsme du Cachemire. C'est moi qui ai mis certains passages en caractère gras.

(p176)
L’état de veille tel que nous le vivons manque de clarté. La voie de retour vers la liberté-spontanéité de la Splendeur prend la forme d’un discernement, d’une clarté directe et puissante. Un discernement total et fulgurant n’est pas impossible pour tout être humain doté d’un système nerveux en bon état, mais cela demeure tout à fait exceptionnel. Chez la plupart, le discernement surgira plusieurs fois, à plusieurs niveaux, en des prises de conscience de plus en plus englobantes remontant en sens inverse le chemin de la manifestation. On comprendra que pour l’être qui voyait à tort des objets séparés, la réalisation qu’il n’en est rien prend d’abord la forme d’un retrait, d’un vide. Il en va de même quand se dissout l’illusion d’une connaissance séparée puis plus tard, d’un sujet conscient. Chaque fois qu’on réalise que ce qu’on croyait bien réel ne l’est pas, un vide apparaît. Mais chaque fois, il s’avère que cette impression de vide était temporaire et non fondamentale. Comprendre ce mécanisme et bien saisir ce que veut dire le vide est la clé de la démarche proposée par le système Krama qu’on appelle la ronde des Kalis.
Le vide et la fonte des résidus
Pour les maîtres du shivaisme non duel du Cachemire le vide est toujours relatif. Abhinavagupta répugne à parler du vide et préfère toujours mettre l’accent sur la Conscience. Cela se comprend aisément, car le vide absolu n’existe pas. Peut-on dire que le vide existe s’il n’est pas connu ou reconnu ? Et s’il l’est, alors ce ne peut être le vide absolu, puisqu’il y a une Lumière consciente pour le connaître. Le Krama accepte la notion de vide, mais uniquement comme instrument pédagogique. Le vide apparaît au moment où nous réalisons la nature discontinue d’un monde que nous nous plaisions depuis toujours à imaginer continu. Il y a donc autant de niveaux de vide qu’il existe de niveau de croyance en ceci ou cela : monde objectif, monde notionnel et monde du sujet conscient.
La Lumière consciente ( La splendeur ou Siva ) est plénitude indifférenciée. Dans sa toute-puissante liberté elle se révèle en se niant – c’est à dire en se voilant elle-même – en tant que lumière indifférenciée. On appelle énergie d’illusion ( mayasakti ) ce pouvoir de recouvrement du soi qui suscite la diversité à l’intérieur de l’Unique. Mais cela est possible parce que la Lumière consciente n’est pas « quelque chose » en soi, parce qu’il n’y a tout simplement pas de choses. Ce vide absolu de choses et de catégories ( sunyatisunya, « le vide par dessus tout vide » ) permet la manifestation du monde qui demeure toujours une parfaite intériorité ( le Ein Sof de la Kabbale hébraïque )
(p177)
Mais le vide absolu est plus que l’absence de « choses » extérieures : il est dynamique.(..) La multiplicité du monde, en somme, est le signe même de la non-dualité, elle est sa conséquence, sa mise en œuvre, son déploiement. L’Incomparable se retire en tant qu’Incomparable, engendrant un vide fertile où fleurit le monde. Ce vide de choses joue un grand rôle dans la manifestation et il est tout aussi important dans le chemin de retour, celui de la libération de l’être humain.
Le vide est relatif, disions nous : il survient lorsque l’image qu’on se faisait de la réalité s’effondre. Comme la mémoire ne peut trouver dans ses fichiers aucun objet correspondant à ce retrait, les mots « rien » ou « vide » ( sunya ) sont utilisés. On peut en rester là : après avoir nommé cet état, on peut s’en déclarer satisfait. C’est ce que nous faisons la plupart du temps : emprunter le chemin battu et rebattu de l’affaissement de l’attention. Vide est le mot de la mémoire pour dire : « je ne sais pas ». Ce vide se présente à nous sans arrêt : à la fin d’une expérience agréable, à la fin d’une relation, à la perspective de la mort, quand une pensée nous quitte ou quand on délaisse un objet perçu. Bien que le vide s’offre à nous à chaque instant, la plupart du temps nous laissons passer l’occasion et nous nous ruons vers le prochain objet, la prochaine pensée ou le prochain projet pour meubler le vide qui menace de se creuser davantage si on s’y attarde.

Jean Bouchart d'Orval

samedi 7 juillet 2012

la conscience est parole


extrait d'un article du blog de David Dubois,
les mots entre parenthèses sont les mots correspondant en sanskrit donnés par David Dubois.

il y décrit les différents niveaux de la parole selon la philosophie du sivaisme du Cachemire à travers son plus éminent représentant Abhinavagupta, philosophe du 10° siècle injustement méconnu par l'occident.

NB : j'ai légèrement changé la mise en page et mis en gras certaines parties du texte

"Selon Abhinavagupta, la conscience est Parole (vâk).
 
Parole ultime, transcendante (parâ), elle est simple conscience, sans aucune articulation distincte - mais grosse de toutes les paroles articulables.

Parole visionnaire (pashyantî), elle esquisse le sens des mots en une intuition globale, "comme une cité contemplée depuis le sommet d'une colline".

Puis, parole intermédiaire (madhyamâ), elle est pensée articulée en soi-même, mais pas encore entièrement tributaire du souffle grossier et des points d'articulation corporels.

Enfin, elle s'étale dans l'espace, rebondit et s'articule (vaikharî) dans différents points d'inflexion, depuis l'arrière de la gorge ("hhh...") jusqu'au nez ("hi hââân !"), puis elle se perd au sommet de la tête et dans l'espace.

Abhinavagupta donne de nombreux exemples et analogues, notamment dans la Lumière des tantras.

L'idée de ce schéma n'est pas de présenter un schéma abstrait ou ésotérique, mais de permettre à tout un chacun de reconnaître par lui-même l'identité de la pure conscience, de la parole, de la pensée, du désir, de l'émotion et du souffle.

Dans les pièces de dhrupad ci-dessous ( le chant dhrupad est une forme musicale classique originaire du Nord de l'Inde ), l'intention de chanter est la Parole suprême.
La tampourâ - le bourdon continu en arrière-plan - est la Parole "voyante" ou "visionnaire", la conscience intuitive.
Le chant est la Parole intermédiaire.
Le tambour pakhâvaj est Parole articulée.

Notons que la Parole comme intuition correspond au premier instant du désir.
C'est l'instant décisif du point de vue spirituel. "

Ici les frères Gundecha :
 







pour Stéphanie..

samedi 4 juin 2011

son potentiel est déjà sa réalisation

une petite réflexion, inspirée par Eric Baret :
 
pas de frustration :
son potentiel est déjà sa réalisation

souvent nous ressentons de la frustration car quelque chose arrive ( ou n'arrive pas ! ) qui ne permet pas à ce que nous ressentons comme notre potentiel de s'actualiser
mais le potentiel est déjà une manifestation complète qui ne s'est pas encore manifestée dans la matérialité, dans la temporalité ( et/ou ne le fera jamais ! )

le potentiel est notre aspect illimité, l'actualisation notre aspect limité

il ne s'agit pas là de faire l'apologie de l'inaction ou du virtuel
ce que j'appelle potentiel signifie que le corps ( et l'esprit ) s'est déjà mis en branle complètement, parfois seulement intérieurement, mais cette mise en mouvement est suffisante à son propre être.




Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...