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mercredi 20 janvier 2016

nos petites tanières


Laurence Vielle,
deux textes , nos petites tanières et ouf

pour Philippe,



une vidéo plus longue :

"c'est parmi les oiseaux que je suis le plus à l'aise"



Laurence Vielle, heureuse d'être là sans être là..

dimanche 1 février 2015

whose silence


"Whose silence are you ?" ( Thomas Merton )

"De qui es tu le silence ?"



merci Jean-Louis Eclair

samedi 29 novembre 2014

le monde le trouve



Le créateur est celui qui se tait.
Il ne cherche pas.
Ne pouvant chercher que dans sa mémoire,
il ne trouverait que ce qu'il projette, le connu et non le neuf.

C'est le monde qui, dans son silence, le trouve.
L'univers est à sa disposition.

Cela est vrai quel que soit l'art.
Le poète qui réfléchit n'est pas un poète.
Le poète est quelqu'un qui sait se taire.
Dans ce silence, il entend sa poésie, et il écrit ce qu'il entend.

La créativité naît du silence, elle ne vient pas de la pensée.
Il n'y a rien à expliquer, rien à justifier.

Chaque oeuvre est sans cause, sans sens.
L'oeuvre est à elle-même sa propre raison.
Parce qu'elle vient de la créativité même,
toute oeuvre d'art se situe au-delà de la compréhension.
Vouloir comprendre une oeuvre d'art, c'est demeurer dans la mémoire.

La vie n'est pas autre chose qu'une oeuvre d'art.
Vous écoutez la vie, il y a une résonance en vous.

Toutes les possibilités sont là.

Eric Baret


merci Francesca

mercredi 8 octobre 2014

ce que nous désirons vraiment


ce que nous désirons vraiment, c'est la fin de toute attente

un texte de Jeff Foster que j'ai traduit en français, avec joie :

Notre unique désir

Nous imaginons que nous désirons un objet, une matière, un état, une activité, une expérience, une personne, une destination.

Ce que nous désirons vraiment, c'est ce sentiment de paix que nous connaîtrons quand nous l'aurons atteint.

Ce que nous désirons vraiment c'est l'abandon du désir lui-même.
Nous désirons la fin de la recherche, nous aspirons à la fin des aspirations, nous attendons par dessus tout que les attentes cessent.

Déception après déception, nous en venons à reconnaître qu'aucune "chose" externe ne pourra clore le cycle de l'attente, le cycle de la recherche. Rien, en dehors de nous, ne nous rendra vraiment heureux.

Avec cette désillusion, nous sombrons dans l'expérience du présent, nous reposant profondément dans son sein chaleureux. Et nous réalisons finalement que ce repos, c'est ce que nous avions toujours désiré. Nous-même. Ici, maintenant.

Nous étions tellement proches...

Nous cherchions la paix dans la mauvaise direction, c'est tout !


 ici le texte original, en anglais :


Our one true desire 

We imagine that we desire an object, a substance, a state, an activity, an experience, a person, a 'destination'.

Really what we desire is that feeling of rest when we get there.

What we desire is relief from desire itself. We seek the end of seeking, long for the end of longing, wait for the end of waiting.

Suffering disappointment after disappointment, we come to recognize that no external 'thing' can ever truly end the cycle of seeking. Nothing outside ourselves will ever make us truly happy.

Disillusioned, we sink back into our present experience, resting deeply in its warm embrace. And we finally realise - that's all we ever desired in the first place. Ourselves. Here, now.

We were always so close.

We were just looking in the wrong direction for peace, that's all.



mardi 7 octobre 2014

n'apprenons qu'à mourir à nous-même

N'écris pas

Un très beau poème de Marceline Desbordes-Valmore mis en musique par Julien Clerc, chanté ici par Fanny Barbier,  
extrait de son cd intitulé Sillages paru en septembre 2014 :




Le cd est en vente au prix de 10 euros au profit du village de Kandanaath dans le sud du Tamil Nadu en Inde, disponible par email aux adresses email suivantes :      Fanny  ou  Eric



 
N'écris pas ! Je suis triste et je voudrais m'éteindre.
Les beaux étés, sans toi, c'est l'amour sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre
Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau

N'écris pas ! N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes,
Ne demande qu'à Dieu, qu'à toi si je t'aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.

N'écris pas ! Je te crains, j'ai peur de ma mémoire.
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.

N'écris pas, ces deux mots que je n'ose plus lire.
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur,
Que je les vois briller à  travers ton sourire.
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur

N'écris pas ! N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes,
Ne demande qu'à Dieu, qu'à toi si je t'aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.

N'écris pas..

la chanson de Julien Clerc a été renommée les séparés

 

jeudi 13 mars 2014

n'écris pas

N'écris pas

un poème de Marceline Desbordes Valmore mis en musique par Julien Clerc
la chanson de Julien Clerc a été renommée les séparés

chanté par Fanny Barbier,
La Baule, Mars 2014



 
N'écris pas ! Je suis triste et je voudrais m'éteindre.
Les beaux étés, sans toi, c'est l'amour sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre
Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau

N'écris pas ! N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes,
Ne demande qu'à Dieu, qu'à toi si je t'aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.

N'écris pas ! Je te crains, j'ai peur de ma mémoire.
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.

N'écris pas ces deux mots que je n'ose plus lire.
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur,
Que je les vois briller à  travers ton sourire.
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur

N'écris pas ! N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes,
Ne demande qu'à Dieu, qu'à toi si je t'aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.

N'écris pas..

dimanche 7 juillet 2013

pour ecrire un seul vers


une seule phrase, qui se déroule comme la mer, à lire d'une seule traite, à haute voix, à mi-voix
extraite des cahiers de Malte Laurids Brigge, de Rainer Maria Rilke
traduction en français de Maurice Betz

Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.

merci Philippe


dimanche 23 décembre 2012

un drogué des fleurs


Un entretien avec Christian Bobin ( les racines du ciel, Frédéric Lenoir et Leili Anvar )
avec un  filigrane son dernier livre l'homme joie


on peut être poussière et avoir cette absence de soucis, cette nonchalance
( de la feuille morte roulée par le vent )

la mélancolie a une douceur très persuasive
elle a sans doute une très bonne saveur, dans un premier temps

dans l'enfance,
j'étais un enfant assez sage, derrière la vitre
j'acceptais qu'il ne se passe rien
attendre sans attente
une attente presque désabusée, une attente creuse
presque l'état d'un enfant abandonné

imaginez quelqu'un qui vient vers vous avec confiance 
et avec une sorte de joie
les enfants, ils savent faire çà,
imaginez que ce soit un adulte, 
car après tout c'est possible

la poésie, elle défie la mort de venir et de prendre ce qui importe

ce qui était refusé au départ peut être donné après
pour certains, le premier matin viendra après beaucoup de nuits
vous avez raison, il faut que les choses soient données
j'aimerais que mes livres donnent ce qu'on m'a donné

vivre çà suffit
cette leçon peut vous être donnée à tout moment

l'apanage du désordre de la vie
le grand désordre des filiations
la vie dément toutes nos constructions
c'est assez dur, c'est assez drôle

pour enflammer, il faut être froid
je parle là de l'écriture

ce qui continue à s'entendre même quand il n'y a plus que le silence

les fleurs, des propositions faites au néant
la réponse éteint le feu de la question

le monde tombe à une lenteur incroyable

un nomadisme de l'âme

au tout moment..






merci space

dimanche 25 novembre 2012

paf !


Stephen Jourdain dans le film de Carole Marquand, La folle sagesse
Maintenant sur le web, nous avons de la chance !

Le film dure environ une heure,
à voir absolument, à savourer !

Poésie et humour au rendez-vous
au service d'une cause tout à fait sérieuse !

Avec Gilles Farcet, Denise Desjardin et Carole Marquand dans leurs propres rôles...




A écouter aussi en famille ou entre amis (!) : commande du dvd
 

mardi 23 octobre 2012

la chose terrestre qui s'épouse elle-même


un bout d'entretien en plein air,
Stephen Jourdain avec Gilles Farcet
la précision de l'intelligence et de la sensibilité





Jouer à l'extase, jouer au gendarme et au voleur, c'était de même essence

C'était simplement par discrétion que les gens n'en parlait pas, n'en faisait pas état..

En position de non-refus et d'adhésion avec moi-même
Aimer non pas mon semblable car c'est une abstraction, on n'aime pas des abstractions mais aimer des gens concrets passionnément


Une culmination de l'intelligence et de la sensibilité

La vie humaine qui entre en collision avec elle-même
L'homme téléscope l'homme dans son entier,
"le type tout entier"

La chose terrestre qui s'épouse elle-même



merci Amina

lundi 4 juin 2012

l'infini s'étonne

devinette
qui a écrit ce texte dans Poésie ?

l'étonnement de l'infini

L’Infini, en même temps qu’il est la suprême clarté, est le suprême mystère. L’être infini est une inépuisable réponse à une inépuisable question ; Dieu même, en se comprenant comme être et en comprenant tout par soi, s’étonne d’être ; le jour où nous saurions tout, où nous verrions tout, nous aurions mis un terme à notre ignorance, mais point à notre étonnement ; l’étonnement n’est pas seulement à l’origine de la science, il est au bout et, à l’infini, il se confond avec la science elle-même ; l’infini a besoin, pour résister à la négation, de s’affirmer sans cesse, et c’est cette affirmation renouvelée qui renouvelle le monde ; il y a au fond de toute chose un étonnement divin qui met dans la monotonie des matins renaissants une fraîcheur d’aurore première et qui prolonge dans le rêve les perspectives voilées du soir.

c'est moi qui ai mis certaines parties du texte en gras

indication :  c'est un homme politique français

texte cité par David Dubois dans son blog : l'étonnement de l'infini


dimanche 3 juin 2012

le procès du bonheur


un billet de Francois Morel sur France Inter, le procès du bonheur :


Le texte est magnifique
Le voici tel qu'il est donné par l'auteur sur le site de France Inter  en réponse aux nombreux commentaires de sa chronique. ( NB : c'est moi qui est mis en grands caractères certaines parties du texte )
Je vous propose de le lire à voix haute vous-même :

« Ne me parlez pas du bonheur : c’est un salaud. Un vrai salaud, un dissimulateur. Un sale type qui se cache. Un sale mec qui ne joue pas franco. C’est un genre de cambrioleur. Un pickpocket. Un détrousseur. Quand il est là, dans la maison, entre les quatre murs, il est invisible. Il se cache, il se camoufle, on ne sait pas qu’il est là. Salaud de bonheur ! Il entre par effraction. Il est malin… Il est maquillé, il ne dit pas son nom. Mais, c’est quand il part qu’on s’aperçoit de son absence… C’était donc ça le bonheur… La vie, avec des projets, des sourires, des dîners aux chandelles. La vie avec des voyages, des amis, du Médoc, des petits farcis, des déjeuners au soleil, de l ‘insouciance et des roses trémières. C’était donc ça le bonheur ? La vie avec un chien qui gambade, un enfant qui réussit pour la première fois à faire du vélo sans les stabilisateurs, une femme à la peau douce, un Chasse-Spleen empoussiéré, oublié puis retrouvé dans la cave… C’était donc ça le bonheur. On ne l’a pas vu venir. On l’a juste entendu s’en aller…
Ne me parlez pas du bonheur : c’est une ordure. Une belle ordure qui ne se conjugue qu’au passé. Un salopard, un beau fumier ! »
L’accusation était violente. Le ton était grave. L’homme qui s’exprimait avait les larmes aux yeux, des sanglots dans la gorge.
Le bonheur restait impassible. Il écoutait son procès sans réagir. Comme sonné, à terre, humilié. Une fois de plus, il était ailleurs.
« Qu’avez vous à répondre ? » interrogea le juge.
Le bonheur resta muet, comme absent. Comme si son procès ne le concernait pas.
« Je vous ai posé une question, s’énerva le juge. Je vous ai demandé ce que vous aviez à répondre ! »
L’avocat de la défense se leva. Il avait l’air un peu narquois. Il tenait entre les mains une boîte à chaussures… « Si monsieur le juge le permet, j’aimerais présenter à la cour, à mesdames et messieurs les jurés certains documents particulièrement saisissants… »
De la boîte à chaussures, il sortit des photos…
Sylvie, les cheveux défaits sur la plage de la Baule. Corentin en train de jouer de la trompette. Jean-Jacques et Patrick au sommet du Ventoux. Papy jouant au Scrabble avec Charlotte. Charlotte et Corentin faisant un spectacle sous les châtaigniers…
Le bonheur était là, sur chacune des photos… Éclatant, évident, lumineux. De main en main, les photos passaient. On voyait des sourires émus sur les visages du greffier, de l’avoué, du procureur…
Chacun, en découvrant les photos de la boîte à chaussures, voyait bien que le bonheur sautait aux yeux. Il n’était pas le salaud infâme dont on venait de faire le procès. Même l’accusateur fut bien obligé d’en convenir. Sous les injures et les quolibets, il quitta la salle d’audience.
Le bonheur, lui, sous les bravi et les acclamations, fit un signe de la main. On tenta de l’interroger, de lui faire dire quelques mots. Mais personne ne put réussir à le retenir.
Il était déjà loin…


merci Claire

fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve..

lundi 26 décembre 2011

une journée sans soleil extérieur


Une journée sans soleil extérieur...

Mais un autre soleil ... ? ...

arbres japonais Gérard Beaulet, 2011


"La lumière du matin et les fleurs qui tendent leurs pétales au ciel.."

Merci Gérard


jeudi 14 juillet 2011

un peu de ma vapeur

C'est toujours avec délectation que j'écoute le grand Stephen Jourdain
quelle intelligence, quel art de la parole !
Ici, une très belle formulation de la vérité...



que resterait il de la mort si elle n'était pas une pensée ?
une pure pensée un peu de ma vapeur

vendredi 29 octobre 2010

en disant je fais et en faisant je dis

quelques lignes qui pourraient nous servir de définition de la poésie ( une parmi tant d'autres )
nous parler du caractère organique de la parole, de la pensée qui dans la poésie sont liées au corps, à la vie individuelle, à la "vie" tout court :

"je fais ce que je dis
en disant, je fais et en faisant, je dis"


il aspirait à cette adéquation du geste et de la parole
qui était toujours un horizon,
souvent un horizon ... lointain !

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