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mercredi 10 juin 2015

laisser la place

 
Laisser la place, 
un entretien de Douglas Harding avec Dominique Humbert pour la revue Terre du Ciel ( sur le blog de José Le Roy )


Vous avez fait une expérience très particulière dans l’Himalaya à trente-deux ans. Que s’est-il passé ?

Douglas Harding : Il est vraiment difficile de répondre à cette question parce que cela se passait il y a cinquante ans et que c’est essentiellement une expérience du présent, une de celles qui appartiennent à maintenant. Il n’y a pas de réfrigérateur ou de congélateur dans lesquels on puisse la conserver. Par conséquent il n’y a pas de souvenir de l’expérience : je me souviens très clairement de l’Himalaya, de l’Everest et de la région, mais en ce qui concerne l’expérience elle-même, il faut que je parte de ce que je vis maintenant et que je le reporte en arrière lorsque j’avais trente-deux ans. Et puis, je n’ai pas fait cette expérience pour la première fois dans l’Himalaya : il n’y a pas eu de première fois, cette vision a toujours été là, simplement je n’en étais pas vraiment conscient.

Pourquoi vous ?

Je crois que c’était la grâce de Dieu, ce n’était pas dû aux mérites de Douglas. A cette époque, j’avais énormément d’angoisse et en particulier une timidité maladive. La religion et la psychologie ne m’apportaient aucune réponse, la psychanalyse était trop chère. Je me suis dit : « Je suis coincé pour toute ma vie avec ma timidité maladive, alors je laisse tomber. » J’ai accepté le désastre qu’était Douglas et je me suis intéressé à ce que j’étais vraiment. Je me suis alors retrouvé libre pour voir que le monde est merveilleux. J’ai vu l’espace en moi et je me suis retrouvé sans tête. C’est ainsi que cela s’est passé.

C’était vraiment un changement complet ?

Oui, un changement total. Il n’y a pas de degré dans cette expérience.C‘est tout ou rien, c’est à 100% ou à 0% . Quelle est la différence, me direz-vous, entre la vision ordinaire qui est réellement une illusion et la vision sans tête, c’est-à-dire la vision centrée sur qui nous sommes vraiment ? C’est que l’on est conscient non seulement de la scène devant soi mais aussi de celui qui voit, ici au dedans. C’est un regard dans deux directions : en ce moment, je regarde en face de moi et je vois le visage de mon amie Dominique, mais je regarde en même temps en moi vers le dedans de façon continue; je vois - je ne ressens pas, je ne pense pas - je vois l’absence ici dedans de tout ce que je vois là en face de moi. Je vois des yeux là, je n’en vois pas ici, je vois un nez là, je n’en vois pas ici, je vois une bouche là, je n’en vois pas ici, etc... En fait, je n’analyse pas cela comme ça : je vois Ce- qui-est-donné, espace et vacuité, là où l’on m’avait dit que j’avais une tête.

Quelles en ont été les conséquences dans votre vie ?

Cette vision a d’abord été très intermittente, très occasionnelle. Ce n’est que lorsque j’eus décidé de lui consacrer ma vie qu’elle est devenue permanente. En fait, ce qui est extraordinaire, c’est que cela devint plutôt pire. Plus cette vision devenait continue, sans changement, plus je la prenais au sérieux, plus je vouais ma vie à qui je suis réellement, cet espace infini, cette conscience, et plus ce que j’étais - que je nomme le petit Douglas - devenait absurde, digne de pitié, égoïste, minable, irritable. Je ne pense pas que j’étais pire, je crois que je le voyais davantage. En même temps, je ne prenais plus ce personnage avec autant de sérieux mais plutôt avec tolérance et amusement, il était irréel, c’était une image. Mais, vous savez, ma vie n’est pas du tout faite de celà. Ma vie est dédiée à ceci, au-dedans, qui prend sur lui la souffrance du monde. La joie vient lorsque nous acceptons cette souffrance et la traversons jusqu'à rejoindre ce que nous sommes vraiment, cet espace vibrant, éveillé, merveilleux qui est paix, satisfaction et joie. Je ne sais pas ce qui se passe pour vous, mais moi quand je regarde au-dedans ici et que je trouve cette conscience JE SUIS, mon expérience est qu’elle n’a pas de commencement et pas de fin. Pour moi, il n’y a pas d’interruption entre le crépuscule et l’aube quand je dors. Vous pouvez me voir de l’extérieur et penser « Douglas est endormi », mais d’ici, de l’intérieur c’est complètement différent. Ce n’est pas surprenant car cette conscience est hors du temps. Lorsque je regarde en moi, ce que je trouve est une non-chose, c’est-à-dire, un espace vide pour accueillir les choses et là où il n’y a rien il ne peut pas y avoir de changement ; il n’y a pas non plus de temps car le temps est une façon de mesurer les changements.

Que reste-t-il des notions de bon et mauvais ?

Ce qui arrive pour moi c’est que rien ne souffre plus d’attraction ni de répulsion, rien ne réagit ni pour ni contre: je remarque que certaines choses sont attirantes, d’autres repoussantes, ce sont simplement des qualités qui appartiennent aux choses là-dehors. Nous nous imaginons que lorsque nous verrons qui nous sommes, nous trouverons que tout est absolument merveilleux. Ce n’est pas ce que j’expérimente. Voir qui vous sommes vraiment ne transforme pas les choses de ce monde en une sorte de soupe qui effacerait toutes les différences, au contraire, celles-ci sont mises en lumière. Voir, c’est apprécier le monde tel qu’il est, tout recevoir mais ne pas prétendre que tout est pareil. Ce sont ces différences qui sont merveilleuses et qui font le charme de ce monde : même la laideur est acceptable, mais c’est acceptable en tant que laid et non pas en tant que beau.

Quelle attitude adopter ?

Je vois la cruauté, je vois l’ignorance, je vois la stupidité et je donne ma vie pour les réduire par tous les moyens possibles. C’est pour cela que nous sommes là. Nous devons prendre la responsabilité de tout ce qui se passe : parce que tout vient d’ici en nous, au centre, nous ne pouvons pas nous séparer de la cruauté. Lorsque nous voyons qui nous sommes vraiment, il faut sortir dans le monde et faire notre possible pour y apporter plus d’amour, de bonté et de vérité par tous les moyens qui sont à notre disposition.
Pouvez-vous maintenant me permettre de dire une ou deux choses qui inviteraient vos lecteurs à aller vers eux-mêmes ? Voyez-vous, le danger serait que cet entretien ne concerne que l’expérience de Douglas. Ce n’est pas l’essentiel, ce qui est important c’est l’expérience du lecteur. Il faudrait lui demander de tourner son attention vers lui-même, vers celui qui est en train de lire l’article : vous regardez un magazine pour avoir une information sur ce qui est en vous, vous regardez à 50 cm de vous pour chercher une information sur ce qui est à 0 cm de vous. Vous cherchez ce qui, aux dires des sages, n’a pas de limite, ce qui est infini, immaculé, pur, vide et plein en même temps, ce qui est éveillé. C’est totalement évident si vous regardez au bon endroit qui est celui à partir duquel nous regardons habituellement - ce lieu ici où nous pensons que nous avons une tête - au bon moment qui est maintenant, dans un esprit juste qui est celui d’un enfant intelligent. Savoir quelque chose sur Douglas est un simple divertissement. Ce qui est sérieux, c’est de permettre au lecteur de saisir et c’est l’expérience qui le permet, pas simplement les mots.

Quelle expérience ?

Si le lecteur lit ces lignes imprimées, regardons ce quelle peuvent lui révéler : le lecteur est espace pour ces signes noirs sur le papier. Ils changent de ligne en ligne alors que le lecteur continue à être espace dans lequel ils apparaissent. Vous voyez ces marques à 50 cm de vous et celui qui les voit est ici à 0 cm de vous et il est l’espace dans lequel elle se trouvent.
Pour voir cela, il faut vraiment faire l’expérience que je vais proposer et ne pas se contenter d’en lire une description. Que le lecteur observe si, lorsqu’il lit ces lignes, il y a deux espaces correspondant à ses deux yeux ou s’il y a juste un seul espace sans aucune division. En d’autres termes, le lecteur regarde-t-il les lettres imprimées à partir d’une fenêtre ouverte ou de deux fenêtre ouvertes ? Si vous répondez une seule, vous avez saisi. Si vous êtes dans le doute, faites-ceci : tenez la revue d’une main et de l’autre pointez d’abord vers elle avec votre doigt. Ce qu’indique votre doigt, c’est un magazine, une chose. Maintenant, vous pouvez tourner votre doigt à 180° et pointer vers vous le lecteur ; ici, y-a-t-il une chose que désigne votre doigt, ou bien y-a-t-il un espace, vous le lecteur, ce que vous êtes vraiment, vraiment ? Vous êtes vide pour les lettres imprimées, les idées et la forme du magazine. Vous êtes espace, un espace sans limite, absolument clair. Comment pourriez-vous contenir ces lettres s’il y avait quelque chose en vous pour les écarter ? Comment pourriez-vous percevoir cette page imprimée s’il y avait en vous quoi que ce soit pour la maintenir à l’extérieur, autre chose qu’un espace vide pour l’accueillir ?
Je n’écris jamais un article sans proposer au lecteur d’expérimenter, ainsi ce qu’il lit est réellement sur lui-même. Douglas est accidentel, il est un instrument permettant au lecteur de pointer vers qui il est vraiment. Mon travail n’est jamais de demander aux personnes de me croire mais de tester ce que je dis, en renvoyant chacun à sa propre autorité qui est sa propre expérience d’être lui-même maintenant. Je peux dire qui je suis, je ne peux pas dire aux autres qui ils sont. Cela c’est à eux de le faire.

Cette expérience, vous en parlez comme de quelque chose de facile à faire. Est-ce à la portée de tous ?

Dans les ateliers chacun peut voir, pourvu qu’il fasse l’expérience avec attention et sincérité.
Bien sur, si l’on pense à autre chose, si l’on me regarde au lieu de regarder ou je le demande, on ne fait pas vraiment l’expérience. Chacun de ceux ou de celles qui font vraiment l’expérience la saisissent, c’est très facile et totalement évident. C’est la chose la plus évidente du monde, mais il y a une condition à remplir : il faut mettre de côté mémoire, pensées et croyances. Il s’agit simplement de regarder et de voir. Certaines personnes résistent : elles ont peur qu’il s’agisse d’une annihilation. C’est tout à fait ça : c’est la mort mais aussi la vie immédiatement après, la mort de la chose que nous imaginons en nous, et la résurrection. Par exemple, si j’ai Catherine en face de moi, la seule façon de la recevoir c’est de mourir en tant que Douglas et je ressuscite en tant que Catherine. De plus, comme on ne peut pas faire cette expérience de travers, chaque fois que je la partage avec quelqu’un, même si celui-ci la rejette, il a vu, fût-ce très brièvement. La graine est semée. C’est une semence de Dieu, et toutes les semences divines sont de bonnes semences, ce n’est pas comme les graines de pommier, de figuier ou de poirier, dont certaines sont bonnes et d’autres mauvaises. Toutes les semences de Dieu sont bonnes.

Et susceptibles de germer un jour ?

Oui.

Voir est-il suffisant pour comprendre la nécessité d’une pratique soutenue ?

Saisir l’expérience n’est pas assez, il faut la prendre au sérieux et pratiquer, c’est cela l’important. Il est très facile, très simple de voir, mais continuer à voir véritablement tout le temps qui nous sommes exige de s’y consacrer avec une réelle patience, de la persévérance et de l’énergie.

Comment pratiquer ?

La première chose que je peux faire est celle-ci : quand j’ai quelqu’un en face de moi, qui que ce soit, au travail, à la maison, n’importe où, lorsque j’ai un visage en face de moi, vais-je voir la vérité : nous ne sommes pas un visage en face l’un de l’autre mais visage là en face et espace ici en moi : je suis vide pour cette personne, je n’ai rien pour rejeter cet ami, la situation est espace à visage. Vais-je voir la vérité ? Il est important de s’en souvenir. Bien sûr, les relations aux autres deviendront plus faciles (surtout si j’étais timide, nerveux ou facilement irritable) et j’apprécierai beaucoup plus leur compagnie. Voici un autre rappel : dire la vérité lorsque je suis en voiture ou lorsque je marche : l’espace que je suis est non seulement vide, vaste et clair mais immobile, et c’est le paysage qui bouge. Tout le paysage bouge dans mon immobilité.
Je pense que ces rappels sont d’un grand secours au commencement, mais après un certain temps, il n’est plus nécessaire de pratiquer cela. On a juste acquis une nouvelle habitude : être centré, consciemment centré et ainsi demeurer dans le lieu que nous n’avons jamais quitté. Ce n’est pas être extraordinaire, c’est simplement être ce que nous sommes vraiment, être naturel. Certains y parviennent facilement, pour d’autres cela prend un peu de temps.
Nous sommes construits ouverts pour les autres et cette ouverture est infinie. Quand nous étions petits enfants, nous étions ouverts, nous n’avions pas eu l’idée de nous fermer pour maintenir les autres dehors. La condition humaine consiste à mettre quelque chose à l’intérieur de soi pour empêcher le monde extérieur de rentrer ; mais si vous regardez véritablement ici au dedans, vous ne trouverez rien, absolument rien qui puisse exclure le monde. Ce qui est merveilleux, c’est que, indépendamment de ce que nous ressentons, quels que soient nos sentiments, si horribles soient-ils, la vision de nous-mêmes en tant qu’espace, vacuité est toujours à notre disposition . Au milieu des problèmes du monde, au milieu de toutes les difficultés de la vie, la vision de notre clarté est toujours disponible et peut nous aider beaucoup. Je pense que la racine de tout ce qu’il y a de négatif dans le monde, c’est l’illusion : croire que je suis une chose, construite fermée et non pas ouverte ; alors je me mets à haïr et je suis avide. Mais si je me débarrasse de cette illusion que je suis construit pour rejeter, construit pour l’avidité, la haine et la peur, je commencerai à aimer.

Vous parlez un langage non religieux. Comment vous situez-vous par rapport aux religions ?

Mon approche est, en effet, une approche non religieuse et non psychologique. Cela lui donne l’avantage d’être simple. Elle rejoint pourtant ce qui fait le cœur de toutes les religions avec lesquelles je me sens en communion totale. Que disent-elles ? Ce que vous êtes réellement au contre, votre essence, la conscience qui engendre le monde, le Je Suis qui est au cœur de toutes choses, celui qui est plus moi-même que Douglas, qui est chez lui en moi, plus près de moi que tout autre, celui-ci est traditionnellement infini, immaculé, clair et vide pour tout le monde. Ainsi il est à la fois vide, totalement vide, infiniment clair et aussi totalement rempli de notre univers sans exception. Il est hors du temps, éternel, immobile, calme et éveillé. Lorsque je regarde en moi avec honnêteté, en abandonnant tout préjugé, ce que je trouve a exactement ces caractéristiques et je suis cela.
Toutes les grandes traditions religieuses nous disent qui nous sommes vraiment. Au centre de notre vie est la conscience unique d’où procèdent toutes choses et c’est notre véritable identité. La réponse à tous nos problèmes est de voir cela et de voir qui a le problème. Voyons-le et tout s’éclairera peu à peu. Tout ce que nous avons à faire, c’est de laisser la place."


et puis je rajoute une réponse à un commentaire de Philippe, Franck Terreaux :


Tu ne peux pas faire expérience de la conscience pure, en fait, tu as dû faire l'expérience d'un espace de vide pur, une sensation pure, un truc, un machin de mystique quoi ! C'est pas cà la conscience pure, ta vraie nature, la conscience pure n'est pas une expérience, ce n'est même pas quelque chose même de très très très subtil que tu peux voir ou sentir ou expérimenter.
La conscience pure est CELUI qui expérimente ou CELA qui expérimente ton machin que tu prends a tort pour la conscience pure. Attention : nuance entre celui qui voit et ce qui est vu. Peu importe ce que tu expérimente, cela n'est pas la conscience pure parce que la conscience pure n'est pas quelque chose d'expérimentable, si tu expérimente par exemple le vide ou la paix, cela veut dire que tu n'es pas le vide ou la paix mais que tu étais là pour voir et témoigner de la paix ou du vide. Croire ensuite que la paix ou le vide est l'éveil est une erreur, c'est juste une simple expérience passagère et qui bien souvent rend esclave même le chercheur sincère...
Dans le sommeil profond, la conscience pure est là qui voit l'absence de temps, d'espace et de choses, tu dis toi-même le matin qu'il n'y avait rien dans le sommeil profond, c'est que tu as vu l'absence de choses comme quand on éteint la lumiere, on ne voit rien mais on est là. La conscience pure ou absolue comme je l'appelle est donc au delà de l'espace-temps lui même...


J'ai quatre pieds, un ciel et pas de tête, est ce que c'est bien moi ? :
( photo Charles Cavanagh sur No-facebook ) 





jeudi 2 octobre 2014

le présent échappe


magnifique réflexion d'Etienne Klein sur le temps :



métaphysique et poétique, ce questionnement d'un physicien fait toucher du doigt les limites de la physique du point de la physique moderne elle-même. Notamment, au travers de la figure d'Albert Einstein qui se pose la question : le présent échappe à la description de la physique, dès lors incomplète ?


trouvé dans un article du blog de José Le Roy





mercredi 27 novembre 2013

non deux : Dieu !


Un entretien avec José Le Roy à la RTBF, chaine de télévison belge :


Cliquez ICI

Une très bonne présentation de son travail de philosophe 
et de la transmission qu'il fait de la vision sans tête de Douglas Harding


portrait de José Le Roy en troisième personne ! :



portrait de José Le Roy en première personne ! :


 
nous dirions que ce n'est pas lui... !

jeudi 21 février 2013

the place that is problem free


the place that is problem free

le lieu ( en nous ) qui est libre de tout problème

Douglas Harding, le créateur de la vision sans tête


voici, la traduction française donnée par José Le Roy sur son site :

"Les problèmes que nous avons, dis-tu - et avec raison -  tendent à obstruer la vision de qui nous sommes, mais ils sont aussi des routes vers qui nous sommes ; ils nous ramènent vers qui nous sommes. Alors je dis... je suppose que vous avez des problèmes dans votre vie ; merci à Dieu pour ces problèmes. Je dis que j’ai des problèmes et je pense que Mauren et John ont aussi des problèmes. Ces problèmes peuvent obstruer ce dont nous parlons ici ou ils peuvent nous conduire à l’endroit qui est libre des problèmes. Parce que ce que vous êtes vraiment, vraiment, vraiment le centre de clarté ici est l’œil du cyclone, l’œil de la tempête, la tranquillité au centre du monde. Là il y a la  paix absolue au cœur des choses . Nous arrivons à cet endroit grâce aux tempêtes. Et si nous  n'avons pas de problèmes..Bien sûr tout le monde a des problèmes et je pense qu’on peut dire qu’ils nous conduisent à la maison."

merci José

jeudi 27 décembre 2012

l'expérience de vallée

sur le blog de José Le Roy

Comme le disait Maharaj : "Vous voudriez quelque chose comme une extase perpétuelle. Les extases viennent, puis s'en vont par nécessité, parce que le cerveau humain ne peut pas en supporter la tension longtemps. Une extase prolongée consumerait votre cerveau, à moins qu'il ne soit extrêmement pur et subtil. Dans la nature, rien ne dure, tout y est pulsation, apparition et disparition..." Nisargadatta Maharaj

Une expérience - si belle soit-elle - ne peut pas être notre vraie nature, car une expérience passe, pas notre vraie nature. L'attente nous empêche d'être ouvert à la réalité qui est déjà ici, maintenant. Elle nous projette vers un futur imaginaire et lointain.
Il s'agit au contraire de ramener notre attention dans le présent. Il n'y a rien à attendre; il suffit de voir ...à partir du rien. "Cette attente d'un événement unique, dramatique, d'une explosion étonnante, ne fait qu'empêcher et retarder votre réalisation. Vous n'avez pas d'explosion à attendre" Maharaj

Nous pensons aussi que la réalité que nous vivons maintenant, cette conscience ordinaire est bien trop ordinaire pour être digne de cet éveil que nous cherchons. Nous voulons une conscience plus haute, supérieure. Mais c'est précisément cette lassitude de la conscience ordinaire qui nous empêche de réaliser son mystère et sa nature.
Soyons attentif au simple fait d'être conscient; sachons nous étonner du fait d'être, non pas d'être quelqu'un, non pas d'être un individu, non pas d'être un homme ou une femme, mais étonnons-nous juste d'être. Laissons ce mystère d'être, si ordinaire, nous révéler son enseignement.

Douglas Harding lui aussi distinguait les expériences de crêtes (les expériences mystiques) et la vision de notre vraie nature ; voici une de ses introductions à une semaine de stage :

"Si vous me dites : « voir c’est très joli, mais je ne ressens rien, je n’ai pas de merveilleuses expériences mystiques », je vais vous dire : « Moi non plus. Simplement je vois cela et c’est tout à fait ordinaire, c’est tout à fait calme et tranquille. Rien d’extraordinaire ».

Nous ne disons pas que les cloches du ciel qui sonnent, l’amour, la joie, tout ceci ne soit pas merveilleux. Bien sûr c’est merveilleux. Le problème avec ces choses là c’est que nous ne pouvons pas les provoquer à volonté. Elles vont et viennent selon la grâce de Dieu.

Mais ce qui est toujours accessible, c’est de voir à partir de quoi je regarde, ceci est le roc sur lequel je peux fonder quelque chose de solide. C’est le roc sur lequel l’amour et la compréhension peuvent pousser et fleurir merveilleusement. Alors il faut être clair là dessus et ne pas penser que cette semaine nous aurons une expérience mystique extraordinaire. Bien sûr, si cela arrive, félicitations. Mais ça n’est pas le but. Le but ce n’est pas d’avoir une expérience de crête, parce que les expériences de crête, les pics, les sommets, il est très difficile de s’asseoir dessus, à un moment on risque de glisser d’un côté ou de l’autre. C’est une expérience de vallée.
Cette vision de ce qui regarde en nous, c’est beaucoup plus une expérience de vallée.  
Vous pouvez vous asseoir dans une vallée, pas sur un pic. Il faut s’en souvenir."

L'expérience de la vallée n'est pas même une expérience mais la source de toutes nos expériences, un sol, un roc, un rien, et un tout. Juste là, à la base de notre vie si ordinaire, se trouve la simplicité de notre vraie nature, parfaitement évidente.


samedi 29 septembre 2012

défense de l'intuition intellectuelle


Un très joli livre que ce saut dans le vide, de la philosophie à la mystique de José Le Roy.

Très élégant, avec des "articles" de quelques pages, illustrant la présence de l'intuition mystique chez les philosophes et les écrivains. Parcours très varié et percutant.
Je vous donne ici un extrait d'un des articles intitulé la vraie philosophie et l'éveil. Il défend la philosophie comme approche de l'éveil contre la pratique du doute permanent et le scepticisme généralisé.
NB : c'est moi qui est mis en gras certaines parties du texte.


La vraie philosophie et l’éveil

[ Un article] contre la notion de philosophie comme problématisation de notions. La tendance actuelle pour défendre la philosophie dans les lycées : « La philosophie n’est pas un savoir comme les autres, elle n’est pas un savoir mais une pratique de l’interrogation ». Par exemple, Raphaël Enthoven : « L’utilité première de la philosophie, c’est de répondre à une question par une autre question. » Pratiquement aucun philosophe ne souscrirait à un tel programme ! (..)

Seul le scepticisme pourrait souscrire à une telle définition de la philosophie. Les philosophes ne se contentent pas de poser des questions : ils donnent des réponses.  [ Il cite Fichte ( p295 ) ] : « Il est commode de couvrir du nom ronflant de scepticisme le manque d’intelligence. Il est agréable de faire passer aux yeux des hommes ce manque d’intelligence qui nous a empêché de saisir la vérité pour une pénétration merveilleuse d’esprit, qui nous révèle des motifs de doute inconnus et inaccessibles au reste des hommes. » [ En note de bas de page, il donne un éclairage de Luc Ferry : ] « La classe de philosophie a été crée par Napoléon en 1806 dans une perspective très précise ; il s’agit en vérité non pas de cours de philosophie mais d’instruction civique pour permettre aux jeunes gens de devenir des citoyens (..) ëtre capable de réfléchir, c’est à dire avoir un esprit critique, argumenter et comparer (..) Cette activité d’esprit critique n’a strictement aucun rapport avec la philosophie [ esprit critique très utile certes, y compris au sein de la philosophie ] (..) Le « job » de la philosophie consiste à répondre à la question de la « vie bonne ». philosophia en grec, l’amour de la sagesse. La sagesse, c’est la victoire sur les peurs qui nous empêche de bien vivre. »

Et Frithof Schuon : « L’amour de la sagesse est la science de tous les principes fondamentaux : cette science opère avec l’intuition qui « perçoit » et non avec la seule raison qui « conclut » (..) l’essence de la philosophie est la certitude ; pour les modernes au contraire, l’essence de la philosophie est le doute.(..) La solution du problème de la connaissance – si problème il y a - ne saurait être ce suicide intellectuel qui est la promotion du doute ; c’est au contraire le recours à une source de certitude qui transcende le mécanisme mental, et cette source – la seule qui soit - est le pur Intellect ou l’Intelligence en soi.»

Ainsi Schuon montre que la philosophie moderne, parce qu’elle ne connaît plus l’intuition intellectuelle et se limite à la raison discursive ne peut plus découvrir aucune certitude ni vérité et fait ainsi du doute l’essence de la philosophie.

[ p 298 ] La philosophie n’est pas seulement un art de disserter et de créer des systèmes mais un véritable chemin d’éveil, un chemin de vision.

Cette distinction entre le philosophe et le philodoxe ( celui qui n’est que dialecticien ) est très clairement établie par Al Suhrawardi ( 1150-1191 ) philosophe et mystique perse musulman. Il classe les philosophes selon qu’ils pratiquent seulement la recherche dialectique, qu’ils sont dans l’expérience mystique pure, ou qu’ils rassemblent les deux et sont [ selon lui ] les hommes «parfaits»

Redonner son statut à la philosophie, à la certitude intellectuelle, à l’intuition intellectuelle « qui transcende le mécanisme mental », c’est une des tâches que s’est donné José Le Roy ( prolongeant Douglas Harding ) et qu’il mène à bien magnifiquement dans ce livre.

samedi 4 février 2012

miroir sans reflet


Miroir sans reflet - Vidéo insolite

est ce que je coincide avec l'image de moi-même dans un miroir ?
trouvé sur le site de José Le Roy

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